Marguilan est l’une de plus anciennes villes de la vallée de Fergana et toute l`Asie Centrale. Durant sa longue histoire il supporta autant d`événements, parfois terribles et tristes et parfois agréables et importants, que chaque ancienne ville de l`Orient. Les invasions des envahisseurs étrangers, l`irruption des Arabes et des Mongols de Gengis Khan, сonquérants iraniens; et ils essayaient toujours de porter à la ville une blessure profonde et sanglante qui se cicatrisait très longtemps et douloureusement. Il y avait aussi des guerres intestines sous le règne des Timourides, Sheybanides et d`autres dynasties.
Marguilan est une ville qui compte plusieurs siècles et où vivaient depuis des temps immémoriaux les artisans, marchands et agriculteurs. Il est connu aussi par ses personnalités éminentes, savants, hommes de lettres, artistes. Malgré tout cela, autrefois il y avait très peu de renseignements sur l’histoire de Marguilan. L`étude détaillée du passé de la ville est devenue possible grâce aux recherches historques et archéologiques. Les premières mentions de Marguilan dans les chroniques chinoises et arabes datent du 7-e siècle. Cependant les fouilles organisées par les archéologues ouzbeks et étrangers et certains nouveaux documents ont permis aux savants de «vieillir» la ville de presque dix siècles. On peut dire maintenant que Marguilan occupe une place spéciale dans l’histoire riche de l`Ouzbékistan et de toute l`Asie Centrale, la formation et le développement de l`État nationale et des valeurs ethnoculturelles; cette ville est l’un de berceaux de la civilisation.
Histoire ancienne.
En 1994, sur l`initiative de l’administration municipale et de l`Institut d`archéologie de l`Académie des Sciences de la République d`Ouzbékistan l’expédition archéologique de Marguilan fut fondée qui effectua des recherches scientifiques sur le territoire de la région jusqu`à 2004. Pendant cette période elle a étudié la topographie, la stratigraphie, les couches culturelles de la période la plus ancienne. Les archéologues expérimentés ont étudié en détail les deux monuments archéologiques - Sym-tépé et Kizlar-tépé.
Sym-tépé se situait dans la partie supérieure du delta de la rivière Marguilan-say, sur le territoire de l’actuelle ville de Fergana et était une grande cité agricole fondée aux 4 - 3 siècles avant J.C. Ce fut l’une de premières cités agricoles dans l`oasis de Marguilan. Ce monument ne s’est pas conservé jusqu`à nos jours car il fut démoli dans les années 60 du 20 siècle au cours des travaux de construction.
Les trouvailles archéologiques récentes dans la partie inférieure du delta de Marguilan-say, sur le territoire de la ville de Marguilan, ont permis aux archéologues de découvrir le nouveau monument Kizlar-tépé. Les fouilles de 1996, ainsi que les études stratigraphiques des couches inférieures du site Kizlar-tépé permirent de dater le début de l`agriculture irriguée dans l`oasis de Marguilan des 4 - 3 siècles avant J.C.
En février 2007 le Musée de l`histoire des peuples d`Ouzbékistan a ouvert l`exposition consacrée au bimillénaire de Marguilan et présenté les traces des gens qui habitaient ici il y a près de 1,5 millions d`années (l`époque du paléolithe). Au cours des fouilles dans la grotte Selungur les savants ont découvert des ossements humains et les outils anciens en pierre.
L`âge de bronze est représentée par les cultures de Tchoust et Dalverzin qi se datent du 2 millénaire avant J.C. Elles ont reçu leurs noms selon les monuments homonymes - témoignages de l’apparition de la civilisation protourbaine.
Moyen âge.
Au 10 siècle Marguilan fut le centre de la culture agricole. À l`époque des Karakhanides (999 - 1213) Marguilan fut la ville principale de la vallée de Fergana, sa capitale officieuse. Le développement de l`agriculture, des métiers, la croissance de la ville ont amené à l`animation du commerce intérieur et extérieur.
Les sources historiques mentionnent spécialement deux marchandises qui participaient activement aux opérations commerciales sur la Grande Route de la soie. Ces marchandises étaient de remarquables tissus en soie et excellents chevaux.
Marguilan fut célèbre depuis longtemps pour la qualité inégalé de sa soie. On la transportait par la Grande Route de la soie à Bagdad, Kachgar, Khorassan, Egypte et la Grèce. Un historien du 10-e siècle écrivait qu`un coupon de soie de Marguilan pouvait coûter plusieurs terrains.
C’est justement par la production des tissus en soie que la population de Marguilan a gagné la célébrité mondiale de sa ville. Les artisans expérimentés recevaient de fins et brillants fibres à partir des cocons et tissaient de remarquables variétés des tissus de haute qualité: choyi, atlas, khan-atlas, adras.
Pourtant Marguilan est célèbre non seulement par sa soie, mais aussi par d`autres formes d’artisanat: broderies traditionnelles traditionnelles en soie d’importantes dimensions connues comme suzané, production des calottes nationales ornées, bijoux d`or et d’argent qui furent hautement appréciés en Eurasie. De plus, Marguilan avait une riche tradition de sculpture sur bois et sur plâtre.
Le descendant de Timour, le grand chef de guerre Zakhiriddin Muhammad Babur nota dans son œuvre que Marguilan était célèbre pour ses vergers, grenades sucrées, abricots secs et gibier. Babur mentionna aussi le fait que plusieurs lutteurs de Samarcande et Boukhara étaient originaires de Marguilan.
L’un des savants les plus connus de Marguilan de la période entre le 10-e et le 13-e siècles fut le représentant des penseurs éminents dans le domaine de la jurisprudence islamique l`imam Burkhaniddin Marguinani. Il est l`auteur du livre "Al-Hidoya". Cet ouvrage encyclopédique est considéré jusqu`à présent comme le livre principal de "Fikh", c`est-à-dire du droit islamique. Pour son "Al-Hidoya" Burkhaniddin Margunani a reçu de son vivant le titre "Fikh Imami", c`est-à-dire "l`Imam du droit".
Depuis le 13 siècle Marguilan fut le centre d’une province du khanat de Kokand. À la fin du 19-e siècle les topographes militaires russes ont découvert dans cette région la muraille en terre battue avec des tours et douze portes fortifiées qui entouraient la ville. Les rues principales reliaient les portes au centre de Marguilan, où se trouvaient le palais du régent - Ourda et le marché. Aux 18 - 19 siècles on a construit à Marguilan une multitude de bâtiments publics. On peut mentionner parmi eux la médersa Ismoil Makhsum, Yar Atalyk, Ak médersa, la médersa Kazi Kalyan, Itchki médersa, la médersa Said Akhmad Khodja et les autres.
Le rempart de la ville.
Il y a quelques siècles Marguilan étaient une assez petite ville. Elle était entourée d’un rempart avec quatre portes donnant aux quatre directions du monde. La distance entre les portes opposées était environ 2 kilomètres. Jusqu`à présent la population locale garde les souvenirs de ce rempart.
À l’est et au nord il passait par le territoire de l’actuel ouram (commune) Kzyl-Soktchi (à propos, le mot "ouram" est utilisé à présent à Marguilan pour désigner la partie de la ville), du mazar Tchil-doukhtaron vers la makalla Bakhrin; là, le mur tournait vers l`ouest, vers la makhalla et le mazar Machad - l’une des reliques de la ville, puis allait au sud, vers les bains Kalandar-khan situés sur le grand chemin qui reliait la station Gortchakov à la ville et tournait de nouveau vers le mazar Tchil-doukhtaron.
Cette vieille muraille appelée “kourgonni douvali”, c`est-à-dire “le mur du kourgane (forteresse)” se composait initialement de 12 étages d`argile battue (pakhsa), l’épaisseur de sa base faisait 3 mètres; il y avait un fossé à l`extérieur du mur.
Avec le temps, à mesure que la ville grandissait, le mur tombait en ruines et au début du 19 siècle il n’en restait pratiquement rien.
Il a fallu construire un nouveau mur, un peu plus grand. C`était fait par l’artisan Khodja-Ali qui travaillait à la cour de Cher-Ali-khan (1842 - 1845). Le nouveau mur fut si étendu que la distance entre ses portes opposées était près de 8 km.
Ce deuxième mur avait 12 portes: Maoz Ibni Djabbor (entre la station du chemin de fer et la soierie), Nadyrmat, Tachlak, Khotoun-aryk, Bakhrin, Gulchaman, Machad, Echon-darvoza, Alty-aryk-darvoza, Sar-mazor, Souk-tepa et Chimion.
Au dire de Khodja-Ali qui participait à la construction de ce nouveau mur, son épaisseur en bas était près de 2 mètres et en haut près de 70 centimètres. À l`extérieur il y avait une pente assez rapide (dadama) et un fossé (our). À l`intérieur se situait un remblai appelé "cher-kourgon" pour installer des canons.
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