L`histoire de la ville de Kokand compte plus de 2200 ans, mais c`est un chiffre approximatif. On n`a encore trouvé aucune données exactes concernant l`apparition de Kokand, mais les savants sont convaincus qu`au 1 siècle après J.C. sur cette place se situaient quelques villages qui s`élargissaient petit à petit et ont formé enfin la ville.
Le rôle important dans le développement de la ville et son artisanat appartenait à la Grande Route due la soie qui passaient à cette époque-là par la vallée de Fergana. Une multitude de caravan-sérails (auberges des caravans) furent construits pour les marchands de l`Inde et de la Chine.
La ville de Kavaked (Kokand) a pris une signification nouvelle au 10-e siècle, après être devenu centre important de commerce sur le croisement des routes caravanières.
Au 12-e siècle la ville fut détruite au cours d`invasion de Gengis Khan. Kokand n`a pu renaître qu`à la première moitié du-e 18 siècle.
Mentions de Kokand dans les chroniques.
Pour la première fois le nom de la ville est mentionné dans les annales du 10-e siècle. Les voyageurs et géographes arabes Istakhri et Ibn Khaoukal le décrivaient comme une belle ville et appelaient "Khokand" ou "Khvoekand". Un autre ouvrage, "Garoyibi Sipah" dit que grâce à l`hospitalité et affabilité des habitants de cette ville il a reçu le nom "Khvokin" que l`on peut traduire comme "Agréable". Cette ville est connue aussi pour ses propres rues, ses artisans habiles et son air frais.
L`historien et le géographe connu Chamsiddin Sami écrivait que d`après l`information des historiens locaux depuis le début du 9-e siècle "Khoukand" au Maverannakhr (Transoxiane) était l`une de plus grandes villes de la vallée de Fergana, située au croisement des routes caravanières dont certaines faisaient partie de la Grande Route de la soie. Il a noté aussi qu"à cette époque-là la poterie, la joaillerie et la filature de soie prospéraient dans cette ville.
Yakut Khamavi, le penseur du 13-e siècle dans son livre "Mudjan al-buldan" appelait la ville "Khvokand" et Muhammad Taki - "Khoukand".
Makhmud Khakim Yayfoniy dans son ouvrage "Khullas al-Tavarikh", décrivant la retraite de Babur de Samarcande dit que le descendant de Timour s`arrêtait à "Khoukand". Babur lui-même à "Baburnamé" (qui date du début du 16 siècle) utilise le nom "Khoukand".
Le voyageur hongrois A.Vambéry croyait que "Kokand" venait de "Khobekt", c`est-à-dire "un bel endroit". Il est intéressant que jusqu`à présent les habitants de Kokand appellent leur ville "Khoukandi-latif" ce qui veut dire "Khoukand (Kokand) ravissant". Son nom actuel s`est enraciné à cause de la tradition littéraire des journaux coloniaux russes de la fin du 19-e siècle.
Kokand comme partie du khanat de Kokand.
La reconstruction de la ville après l`invasion des Mongols au 12-e siècle a commencé par la construction de quatre citadelles: Kalvak, Aktépé, Eski Kourgan, Khokand Kourgan. La ville fut complètement restaurée au 18-e siècle, avec la formation du khanat de Kokand. L`histoire du nouveau Kokand commence en 1732, quand le fondateur de la nouvelle dynastie des khans de Kokand a posé les fondements de la forteresse Eski-Kourgan. En 1740 la ville a reçu son vieux nom "Khouk-kon" ou "Khouk-kand" ce qu`on peut traduire, si étrange qu’il soit, comme "la ville des sangliers".
Au début du 18-e siècle l`émirat de Boukhara fut ébranlé des dissensions provoquées par l`aspiration de l`émir Oubaydoullakhan II à la concentration de tout le pouvoir entre ses mains. Cela a incité les chefs des tribus de Fergana, et surtout des Mings de supprimer en 1709 le pouvoir du clergé qui gouvernait Chodak formellement d’une manière indépendante et prendre la barre à Fergana. Un de chefs de la tribu Ming, Chakhroukhbiy fut proclamé le régent. À cette époque-là, selon la tradition seulement les descendants d`Afrassiab et de Gengis Khan pouvaient s`appeler "khan", et Chakhroukhbiy n`était ni l`un ni l`autre. Alors, une légende fut créée d`après laquelle Chakhroukhbiy serait le dixième descendant d`un prince nouveau-né laissé par Babur en un berceau d`or dans de la vallée de Fergana et élevé par les aksakals des tribus.
Les descendants de Chakhroukhbiy ont continué l`expansion du khanat. À la fin du 18-e siècle le khanat de Kokand comprenait les terres des actuelles provinces de Fergana, Namangan, Andijan, Tachkent, ainsi que celles de Khodjent, du Kirghizstan et du Kazakhstan sud. À la frontière nord du khanat se trouvait la ville d`Ak-Metchet; Orenbourg et Omsk se situaient à la frontière entre le khanat et l`empire Russe.
D`année en année Kokand devenait la ville de plus et plus développée, son territoire s’élargissait. Le voyageur hongrois déjà mentionné Vambéry écrivait que par sa superficie Khokand était 6 fois plus grand que Khiva, 4 fois plus grand que Téhéran et 2 fois plus grand que Boukhara. Il avait 16 verstes de long et 5 verstes de large et était subdivisé en 12 parties administratives dont chacune avait sa porte: Khodjent, Namangan, Marguilan, Chimion, Richtan, Muymuborak, Katagan, Sokh, Sarimazar, Gozaglyk, Koudouklik et Isfara. Au moment de l`annexion du khanat de Kokand par la Russie la ville comptait 10 000 maisons, 120 écoles, 40 médersas. Le commerce prospérait ici. Vers 1800 il y avait dans la ville 2000 boutiques, 6 marchés, 9 caravansérails. Les caravanes des marchands de Kokand voyageaient vers l`Inde, la Russie, la Chine, l`Iran, la Turquie, l`Arabie, l`Afghanistan.
L`architecture s’y développait activement. Les artisans de Kokand possédaient les secrets de fabrication des briques extraordinairement solides appelées encore "musulmanes" et de la maïolique immortelle qui ne se ternit pas avec le temps.
Grâce à la protection de l`émir Oumarkhan et sa femme, la fameuse poétesse orientale Nadirabeguim, la culture et l`art prospéraient dans le khanat et sa capitale. Ces gens ont mis beaucoup d`efforts pour former à Kokand un magnifique milieu littéraire avec les célébrités de l`époque: les poètes Makhmur, Amiri, Goulkhani, Zavki, Nizami, Dilchodi Barno, Ouvayssi, Fazli. Oumarkhan, ayant soumis le Turkestan et le territoire entre la mer d`Aral et le pays des Sept-rivières, a construit les villes Ak-Metchet (Kyzyl-Orda), Avlie-ota (Taraz), Pichpak (Bichkek). À Kokand furent construites les médersas Norboutabiy (1799), Muhammad Ali Khan, Kamal Kazi (1820), Miyan-Khazrat, Makhlar ayim, Ming ayim, les mosquées Djomi (1817) et Norboutabiy (1827).
Sous le pouvoir d’Oumarkhan et son fils Muhammad Ali le potentiel de guerre du khanat a augmenté considérablement. Le khan avait la possibilité de mobiliser supplémentairement 60 mille personnes à n"importe quel moment. Entre 1826 et 1831 le khan Muhammad Ali luttait contre la Chine pour Kachgar. Ensuite, il a conclu un armistice avantageux avec l`empereur de Chine. Le khan cédait les terres de Kachgar à la Chine et l`empereur accordait des privilèges aux marchands de Kokand; outre cela, toutes les taxes perçues à Kachgar appartenaient à Kokand.
La production artisanale se développait avec succès à Kokand. Ici travaillaient les chaudronniers, les joailliers, les armuriers, les teinturiers. La ville étaient célèbre pour sa poterie, sculpture sur stuc et bois; on y fabriquait le papier, la soie, la porcelaine, les cotonnades, le cuir rouge, les marchandises d`épicerie, les bijoux. La population de la ville excédait à cette époque-là 80 mille personnes et était multinationale. Les Ouzbeks, les Kirghizs, les Ouïghours, les Karakalpakes, les Tadjiks, les Kiptchaks coevivaient en paix.
Durant l`histoire de l`existence du khanat de Kokand il fut gouverné par 29 khans. Parmi tous les régents de Kokand la trace la plus brillante dans l`histoire fut laissée par le dernier khan, Khoudoyar. En 1845 à l`âge de 12 ans il s"est assis sur le trône et gouvernait le pays jusqu`à l`annexion du khanat par la Russie tsariste en 1876. Sous son règne de grands travaux de l`aménagement de la ville furent entrepris - on construisit des maisons, des mosquées, des médersas. La construction la plus considérable de ce temps est le palais du khan. La ville comptait plus de 35 médersas, près de 300 mosquées ce qui lui a permis de devenir le centre religieux de la vallée de Fergana.
Kokand comme partie de l`empire Russe.
En 1876 le khanat de Kokand fut conquis par les troupes russes sous la conduite du général Skobélév. Le khanat a terminé son existence et son territoire s`appelait maintenant le district de Kokand.
Le territoire du district de Kokand situé dans la partie nord-ouest de la province faisait 13 213 verstes carrées, la population comptait 364 658 personnes (selon les données 1897).
Le district de Kokand fut partagé en 23 volosts avec 57 440 maisons y compris 793 maisons sans terre dont les propriétaires travaillaient à la journée.
Au 19 siècle Kokand devient l`un des centres d`artisanat et de commerce de l`Asie Centrale. En 1876 il y avait dans la ville une briqueterie, 276 soierie, 428 cotonneries, 67 tanneries, 1 312 kiosques privés et 599 publics, un moulin, 5 moulins à moudre et à perler.
En 1898 la construction du chemin de fer Samarcande - Andijan fut terminée; un an plus tard il a fait partie du chemin de fer Centrasiatique. Le capital privé a joué un rôle important dans sa construction. La "Société ferroviaire de Kokand et Namangan" créé en 1908 s`est chargée de la construction des embranchements de Kokand jusqu`à Namangan et de Namangan via Andijan jusqu`à Djalalabad. Par la suite cette société s`appelait la "Société ferroviaire de Fergana".
En 1904 la composition nationale de la population était: les Ouzbeks - 94%, les Russes - 3,5%, les Juifs - 0,5% et les autres - 2%.
On comptait à l`époque 360 mosquées, 149 écoles musulmanes et médersas en activité.
Période soviétique.
Le pouvoir soviétique se préoccupa spécialement du programme du développement des institutions de culture: bibliothèques, clubs, cinémas, musées. Une troupe théâtrale fut organisée en 1918 sur l`initiative de Khamza Khakim-zade Niyazi et M. Mirakilov. Le "Journal populaire" en Ouzbek et la "Vérité de Kokand", rebaptisée plus tard en "Nouvelles de Sovdep" ont apparu à Kokand.
L`instruction publique jouait un rôle important dans l`action culturelle. Le pouvoir des Soviets a supprimé l`ancienne structure scolaire et établi l`école de travailleurs à deux degrés. En 1922 conformément à la décision de l`administration municipale le réseau scolaire de la ville se composait de 6 écoles du premier degré, 8 écoles européennes et 2 orphélinats.
Une contribution considérable au développement de la science et technique de la république a été faite par les originaires de Kokand. On peut nommer parmi eux les académiciens de l`Académie des Sciences de la RSS d`Ouzbékistan Ou. Arifov, T. Zakhidov, M. Ourazbaev, S. Sirojiddinov, D.Saidov, M. Moukhamedjanov, M. Youldachev; les membres correspondants A. Aminov, Kh. Kamilov, R. Aminov, M. Khayroullaev, M. Rakhmonov, N. Aboubakirov, S. Sadykov; ainsi que les savants émérites M. Kariev, Ou. Toursounov, M. Mousaev, A.Kayoumov, L. Karimov, M. Saidalieva et plusieurs autres.
Kokand est la ville natale de plusieurs talents littéraires. Ici sont nés Khamza Khakim-zade Niyazi - fondateur de la littérature soviétique ouzbèke, Sobir Abdoulla (1905 - 1972) - poète national de l`Ouzbékistan, l`auteur de plusieurs poèmes et oeuvres dramatiques. L`éminent écrivain Abdoulla Kakhar (1907 - 1968), fils du forgeron, termina une école de Kokand. Son oeuvre est vraiment multiforme. Il est l`auteur de plusieurs récits, nouvelles et romans consacrés à l`édification socialiste.
Non seulement à Kokand, mais aussi loin de ses frontières sont connus les noms du poète populaire ouzbek Tcharkhi (Askarali Khamraliev), des écrivains et poètes comme A. Oumari, Ch. Riza, T. Fattakh, Ou. Nosir, Kh. Chams, I. Sadykov, S. Khoussayn, Ch. Soulaymanov, A. Rakhmat, D.Abdoulla, E. Rakhimov, L. Kayumov, Y. Sulayman, B.Parmouzin, M. Rakhman.
Sous les Soviets il y avait à Kokand 28 bibliothèques, y compris 4 bibliothèques pour enfants, ainsi qu"une multitude de bibliothèques auprès des entreprises et organisations. La bibliothèque municipale comptait 294 827 volumes et 12 mille lecteurs.
À Kokand il y avait aussi 12 clubs et 2 maisons de la culture; en 1975 ici fonctionnaient déjà 19 clubs, 5 maisons de la culture avec la salle de cinéma, les bibliothèques, les salles de lecture, les salles de sport, les locaux pour de divers cercles techniques.
Dans le domaine d`instruction ici fonctionnaient 9 universités de la culture avec 1700 auditeurs. Les institutions culturelles de la ville organisaient aussi de diverses activités, par exemple, pendant la fête du printemps "Navrouz".
Dans les années 60-70 l`art théâtral de Kokand a connu un nouvel essor. La troupe du théâtre se composait des artistes de talent, parmi lesquels on peut mentionner les artistes du peuple de la RSS d`Ouzbékistan R. Rakhmanova, Z. Mirzatov, S. Ochildieva, K. Nazarov, Ch. Nazarova, R. Mazakhidova, M. Mansourov, R. Sadykov, S. Karimova, S. Sayfoutdinova.
Le cinématographe jouissait toujours d`une grande popularité. En 1965 à Kokand comptait 12 cinémas, en 1975 - 16, et vers 1982 - 18; le nombre des spectateurs par an a fait 3 millions 100 mille personnes. Les grands cinémas de la ville étaient "Bakhor", "Ouzbékistan", "Vesna".
Un rôle important appartient aussi aux musées. Ainsi, le musée régional de Kokand situé dans l`ancien palais de Khoudoyarkhan disposait d`un grand nombre de pièces exposées. Vers 1982 la ville compait 4 musées (régional, littéraire, maison-musée de Khamza, musée Moukimi).
Dans les années 60 du dernier siècle plusieurs hôpitaux et policliniques furent construits à Kokand. En 1963 il y avait ici 9 hôpitaux, 17 dispensaires et polycliniques avec 330 médecins et plus de 1000 infirmiers. Vers 1970 la ville comptait déjà 20 hôpitaux, 11 polycliniques, 9 pharmacies et 31 kiosque de pharmacie.
Le gouvernement de l’Ouzbékistan indépendant accorde une importance particulière au développement du Kokand. Les sujets de conservation des monuments historiques incomparables de la ville, ainsi que de construction de l’habitat, des routes, institutions de service publique et de culture ayant pour le but l’amélioration constante des conditions de vie, obtenir la formation, d’évolution harmonieuse de la génération montante et du repos de la population se trouvent au centre des autorités locales et centrales.
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