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Histoire de Khiva


L`histoire de la ville de Khiva, cette perle précieuse de l`Orient, est étroitement liée avec l`histoire de l`ancien Khoresm et ses nombreux événements politiques, sociaux, économiques et culturels.

Khoresm, la province historique et l’ancien Etat de l’Asie Centrale,se situe en aval de la rivière Amu-Darya. Actuellement le territoire de l`ancien Khoresm appartient à l`Ouzbékistan et au Turkménistan. Khoresm est l’un des plus anciens foyers de l’agriculture. Il est mentionné pour la première fois dans l`écriture de Behistun de Darius I et dans l’"Avesta". Outre cela, plusieurs chercheurs identifiaient Khoresm avec Aryanam-voytchah avestique - premier pays zoroastrien. Le nom "Khoresm" remonte vers "hur" iranien - le soleil avec la terminaison "zm" - la terre et se traduit par "la Terre du soleil", "la Terre basse", "la Terre fertile", "le Pays du peuple khvari".

L`étude détaillée de Khoresm fut réalisée par les savants orientalistes russes de la fin 19 - début 20 siècle V.Bartold, N.Veselovsky, l`historien soviétique A.Jakubovsky. Une nouvelle étape dans les études de l`histoire de l`ancien Khoresm a commencé dans les années 30 du 20 siècle avec l’organisation de l`expédition archéologique et ethnographique de Khoresm de l’Académie des Sciences de l`URSS sous la conduite de S.Tolstov.

Monuments de la culture ancienne.
Les monuments archéologiques de Khoresm les plus anciens datent de l`âge néolithique. Sur le territoire de l`ancien delta Akchadarya de l`Amu-Darya on a découvert les camps des chasseurs et des pêcheurs de la culture Kaltaminar (4 – 3 millénaire avant J.C.). À l`époque énéolitique (début 2 millénaire avant J.C.) la population connaissait déjà l`agriculture irriguée primitive et l`élevage (première étape de la culture Suyargan). À la suite de la confusion de la culture de la population locale avec celle des étrangers des steppes d’Oural Sud se forma la culture archéologique Tazabagyab.
À la fin du 2 millénaire avant J.C. se forme la culture Amirabad (9 - 8 siècles avant J.C.) Ce fut la période du perfectionnement de l`agriculture irriguée et de l`élevage, les cités sédentaires se transforment en grands villages (jusqu`à 20 maisons). En même temps dans les steppes vers le nord-est de l`oasis, en aval du Syr-Daria se forme une culture avec la prédominance d`élevage, mais étroitement liée avec des oasis agricoles. À la base de cette culture de l`âge de bronze dans les steppes autour de la mer d’Aral est apparue la culture des tribus Saks et Massagètes. Les chercheurs croient qu`aux 7 - 6 siècles avant J.C. les Khoresmiens que Strabon rangeait parmi les peuples Sako - Massagètes, furent à la tête de la confédération des tribus peuplant toute l`Asie Centrale et une partie de l`Iran Oriental. Probablement, les centres les plus développés de cette confédération (le Grand Khoresm) se situaient dans le bassin de Murgab et Gerirud.

Khoresm avant l’arrivée de l’Islam.
Au milieu du 6 siècle avant J.C., sous le règne de Cyrus II, Khoresm a fait partie de l`empire Achéménide. À la charnière des 6 et 5 siècles avant J.C. l`auteur grec Gekatey de Milet mentionne pour la première fois "la ville de Khorasmiya" et le pays des Khoresmiens. Selon Hérodote, Khoresm à côté de Parth, Sogd et Areya faisait partie de la XVI satrapie de l`Etat des Achéménides. L`analyse des sources antiques permet de supposer que sous Artaxerxès II (404 - 358) Khoresm est devenu une satrapie séparée. Son centre fut probablement une grande forteresse (la cité de Kalaly-Gyr). À l’époque de la campagne orientale d`Alexandre le Grand Khoresm fut déjà un Etat indépendant: au printemps 328 avant J.C. le roi de Khoresm Farasman (Fratafern) menait des négociations avec Alexandre.

Aux 4 - 3 siècles avant J.C. Khoresm connait un essor économique et culturel: les systèmes d`irrigation s`élargissent et se perfectionnent, on construit de nouvelles villes (Bazar-Kala, Djanbas-Kala) et les centres de culte (Koy-Krylgan-Kala), les métiers et les arts se développent. À la fin du 1 millénaire avant J.C. une influence des tribus de steppe se manifeste distinctement dans la culture de Khoresm, ce qui est lié probablement au destin de l"Etat de Kangju. De nombreuses pièces kouchanes trouvées ici et le style de certains monuments de l`art figuratif permettent de supposer qu`aux premiers siècles après J.C. Khoresm dépendait du royaume Kouchan. En même temps, l`existence au 3 siècle après J.C. d’une dynastie locale est prouvée par les résultats des fouilles du palais sacré de Toprak-Kala.

La religion dominante de l’ancien Khoresm fut l`interprétation locale du Zoroastrisme. Sur le territoire de certaines cités les archéologues ont découvert les vestiges des Temples du Feu.

Culture de l`ancien Khoresm.
L`art de l`ancien Khoresm qui subit, sous les Achéménides, une influence de la tradition artistique de l’Asie antérieure, gardaient toujours les traits typiques de la culture des Saks. À base de la synthèse des éléments locaux et empruntés la culture originale de Khoresm se forma aux 4 - 3 siècles avant J.C. Dans l`art figuratif des premiers siècles après J.C. on voit une influence hellénique. Les traits distinctifs de l`architecture de l`ancien Khoresm furent la massivité et le laconisme des volumes, la modestie du décor extérieur. Tout cela s’explique par la prédominance de l`argile de loess comme matériaux de construction (pakhsa, terre battue).

À côté des voûtes on utilisait ici les solivages sur les colonnes. Les villes avaient d`habitude un plan rectangulaire, les quartiers d’habitation le long de la rue axiale, la muraille fortifiée avec les galeries pour les archers et les tours (Kuzeli-Gyr). Dans certains quartiers ou palais se trouvaient des temples et des sanctuaires avec un terrain pavé pour le Feu Sacré. Les palais (Kalaly-Gyr 5 - 4 siècles avant J.C., Toprak-Kala 2 - 3 siècles) avaient les cours avec les iwans, les salles et de nombreuses pièces reliées par les couloirs. Le palais Toprak-Kala se trouvait sur deux hauts socles (15 et 25 m). Parmi les bâtiments funéraires on peut mentionner les constructions cruciformes à Kuzeli-Gyr (5 siècle avant J.C.) et le temple-mausolée cylindrique Koy-Krylgan-Kala (4 - 3 siècles avant J.C.) Les maisons rurales en terre battue avaient les locaux d’habitation et de service le long du couloir ou autour de la cour.

La peinture et la sculpture de Khoresm se développaient avec l`architecture, elles étaient inspirées d’idées de la glorification des forces de la nature et de la défication du pouvoir royal (Toprak-Kala, les statues et les bas-reliefs d`argile colorés, les peintures multicolores avec des colorants minéraux). Les ossuaires céramiques en forme des statues (5 siècle avant J.C. - premiers siècles après J.C.) représentaient les types généralisés des défunts. On rencontre souvent les statuettes en terre cuite de la déesse de fertilité faites dans les tradition de la coroplastique de l’Asie antérieure, les figurines des chevaux et des hommes.

Le penseur oriental Bérouni dans l’un de ses travaux mentionne l’intronisation d’Afrig en 305 au Khoresm, la fondation de la nouvelle dynastie et la construction de la citadelle-résidence dans la ville de Kyat (située non loin de l’actuelle ville de Birouni). Il donne la liste de 21 rois khoresmiens (les données numismatiques et certaines sources écrites ont confirmé l`exactitude de sa liste pour la fin 7 - 8 siècles).

Aux 4- 6 siècles la nouvelle culture afrigide commence à se former sous l`influence des tribus de steppe. Le réseau d`irrigation a diminué considérablement. Le type prédominant des cités de cette époque-là fut le château fortifié, avec les tours-donjons sur les socles pyramidaux, aux murs "gaufrés" et avec des maisons autour. Parmi les oeuvres de l`art figuratif de l’époque on peut mentionner les coupes en argent des 6 - 8 siècles avec une représentations des rois, des dieux, des scènes rituelles.

Khoresm musulman.
En 712 Khoresm fut conquis par les Arabes de Quteyba ibn Muslim, qui a transmis son pouvoir au gouverneur général. La dynastie Afrigide régnait sur Kyat jusqu`au 10 siècle.

En 1017 Khoresm se soumet à l`armée du sultan Mahmud Gaznevi et en 1043 - aux Seldjoukides. À la fin du 11 siècle la nouvelle dynastie, celle des "Grand Khorezmchahs" monta sur le trône à Ourgentch, dont le représentant Atsyz (1127 - 1156), continuant la politique du rassemblement des terres commencé par ses prédécesseurs, a soumis toute la partie nord-ouest de l`Asie Centrale. Son petit-fils Tekech ibn il-Arslan (1172 - 1200) libéra Khoresm des Seldjouks en 1194. Sous le règne du fils de Tekech, Muhammad II Ala-ad-din (1200 - 1220), l`Etat de Khoresm a atteint sa plus grande puissance. Ses frontières s`étendaient de la Caspienne au golfe Persique et du Caucase à l’Hindu Kuch.

Culture médiévale de Khiva.
Après la conquête arabe, l’art de Khiva a connu les traits typiques de tous les pays du califat Arabe. À côté de la terre battue et du bois ont a commencé à utiliser la brique cuite dans la construction monumentale. Les architectes médiévaux de Khoresm ont élaboré les structures originales des coupoles (les mausolées du 12 siècle à Kounya-Ourguentch), la maçonnerie et la terre cuite sculptées, le gantch (stuc sculpté).

Chute de l`Etat des Khoresmchahs.
En 1220 l’invasion de Gengis Khan a mis fin à l`Etat des Khoresmchahs. Khoresm a fait partie de l’oulous de Djoutchi et plus tard de l’Horde d`or.

À la seconde moitié du 14 siècle Khoresm a connu un nouvel essor, sa capitale Ourguentch s`est enrichie de constructions magnifiques, par exemple, le mausolée de la dynastie Soufi, Turabek-Khanym et les autres. Les régents de Khoresm ont retrouvé une indépendance réelle. La turcisation de la langue khoresmienne s`est achevée à cette époque-là.

Des Timourides à la dynastie Koungrat.
En 1388 Timour a détruit Ourguentch et soumis tout le Khoresm. Au cours d’un siècle la lutte continuait entre les représentants de la dynastie Timouride et les khans de la Horde d’or pour le droit de possession de Khoresm.

En 1505 Khoresm se trouva sous le pouvoir de Sheybanikhan. En 1512 la dynastie ouzbèke descendante de Djoutchi accéda au pouvoir à Khoresm pour tenir jusqu`à la fin du 17 siècle. Plus tard, les régents réels de Khoresm de la dynastie ouzbèke Koungrat intronisaient nominalement quelqu`un des Tchinguizides.

Khiva - la capitale de Khoresm.
Au début du 17 siècle Khiva est devenue la capitale de Khoresm. Ses ensembles architecturaux donnent une idée sur l`architecture et l`art décoratif et monumental de Khoresm. Le terme "Khanat de Khiva" était employé seulement dans la littérature russe et européenne; dans la terminologie officielle locale Khoresm continuait à s`appeler l`Etat de Khoresm, devenu en 1920 la République Populaire Soviétique de Khoresm.

Pièces de monnaie de l`ancien Khoresm.
Au 2 siècle avant J.C. Khoresm commence son monnayage. Les pièces avaient initialement le caractère imitatif, mais témoignaient du développement ultérieur de la société socio-économique. Les premières pièces de Khoresm sont des imitations en argent des tétradrachmes d`Eucratide qui se distinguent de leur prototype par l`altération des inscriptions et la présence du signe original – tamga au revers. Plus tard, l`effigie d’Eucratide à l`envers se remplace par celui du régent local avec une légende en langue khoresmienne: le nom et le titre du régent. La représentation du cavalier apparait au revers des pièces. Les savants croient que c`est Siyavouch, qui fut d"après Bérouni le fondateur de la dynastie des rois de Khoresm, ou bien le roi déifié. La représentation du roi-cavalier, ainsi que la tamga sont présentes sur toutes les pièces de cette région au cours de sept siècles, jusqu`à la fin du monnayage khorezmien au milieu du 8 siècle.


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