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Histoire de Karchi


En automne 2006 la ville de Karchi a célébré son 2700-e anniversaire. Le centre administratif de la province de Kachkadarya de l`Ouzbékistan fut il y a plusieurs siècles l’une de plus importantes villes de l’ancien Sogd. Cette ville fut souvent le témoin silencieux de la création de l`histoire, des batailles sanglantes, de la prospérité et de la destruction… Elle a tout vu: les guerres intestines, les invasions d`Alexandre le Grand, des Arabes de Quteyba, du leader des Mongols Gengis Khan.

Les archéologues russes ont découvert plus de 300 ruines des cités anciennes et médiévales sur le territoire de l`oasis de Karchi. Pour la première fois l`étude de cette région fut entreprise au 19-e siècle. Après la visite de Karchi en 1895, l`archéologue-amateur B.Litvinov écrivait que les monuments les plus importants pour l`histoire et l`archéologie étaient les ruines de la forteresse Chouluktepa («la colline des sangsues»); à cette époque-là le marché de Boukhara fut plein de curiosités trouvées à Chouluktepa.

Histoire ancienne.
Le Nakhchab médiéval se situait dans la zone du delta continental de la rivière Kachkadarya sur le territoire de l`oasis de Karchi. Cette région était toujours très favorable pour le développement de l`agriculture irriguée du type oriental. Néanmoins, on n’a trouvé aucunes traces des anciennes cités agricoles de l`époque énéolitique ou du bronze dans l`oasis de Karchi. Cependant dans les régions voisines - Bactriane et Merv - on a découvert les restes de ces cités. On peut donc supposer que les protovilles semblables existaient aussi à Nakhchab. Les fouilles des villes Erkourgan, Mudintepe et d`autres ont montré que les couches culturelles des cités de la la limite de deux époques se trouvent à une profondeur de quelques mètres sous la surface du sol. Les traces des cités des époques énéolitique et du bronze se trouvent encore plus profond.

Le territoire de l`oasis de Karchi est habité depuis l`âge de fer. À cette période, à la fin du deuxième et au début du premier siècle, une nouvelle situation ethnoculturelle commence à se former en Asie Centrale. La zone de steppe commence à être peuplée par des tribus de la tradition culturelle Karasouk, tandis que dans les pays d`amont et d`aval des fleuves Amu-Darya et Syr-Darya, des rivières Zaravchan et Kachkadarya naissent les régions principales historiques et culturelles de l`Asie Centrale. Ce fut l’époque de l’apparition de Bactriane, Merv, Sogdiane, Khorezm et d’autres Etats; de la formation des grandes oasis agricoles et de leurs capitales protégées par de puissantes murailles.

Les monuments les plus anciens de la culture matérielle de l`âge de fer furent trouvés dans les couches inférieures de la cité Erkourgan. Les archéologues ont découvert des tessons de la vaisselle avec la peinture sur un fond rouge ainsi qu’avec l`ornement rouge au fond clair.

Ville de Erkourgan.
Erkourgan est une ancienne ville que se trouve à 1,5 kilomètres de la frontière nord de la ville de Karchi, non loin de la station Chaykhali. Erkourgan fut la première capitale de l`oasis de Karchi.

Le territoire de la ville dans la limite des murs intérieurs et extérieurs est recouvert de collines qui cachent les ruines des anciennes constructions. La plus grande colline était autrefois le palais du régent. Outre cela, on a découvert une citadelle, un temple zoroastrien, un mausolée, des quartiers d’artisanat. Autour de Erkourgan se situaient des banlieues qui ne se sont pas conservées jusqu`à nos jours.

Erkourgan fut brûlé et détruit au 6-e siècle après la conquête de l`Etat Hephtalite par la coalition du caganat Turc et de l`Iran Sassanide.

Une vaste collection d’objets archéologiques trouvés pendant les fouilles de la ville Erkourgan permet de partager la période du développement de l`histoire et de la culture de l`oasis de Karchi et de sa capitale en quelques étapes.
Aux 8 - 7 siècles avant J.C. la ville principale de l`oasis fut entourée pour la première fois d’un mur. Plus tard ce mur fut détruit et on a réussi à découvrir ses vestiges dans la partie la plus profonde de l’ancien quartier des céramistes. Au 6-e siècle avant J.C. la ville s`élargit et on construit un nouveau mur. Par suite de cela l’ancien mur se trouve à l`intérieur de la ville et les potiers locaux le démolient pour prendre de l’argile afin de fabriquer les produits céramiques.

Nakhchab médiéval.
Au 6-e siècle après J.C. la ville Erkourgan fut détruite et la capitale de l`oasis a été transférée dans un grand château que se trouvait à deux kilomètres vers le sud-ouest de Erkourgan, sur la rive gauche de Kachkadarya; le nom du château fut Nakhchab (Nassaf en Arabe). La nouvelle ville se situait dans la zone de la distribution d`eau dans l`oasis de Karchi.

Les ruines de Nakhchab représentent une grande colline de l`ancienne citadelle de la ville conservée à une hauteur de plus de 20 mètres. La citadelle fut entourée par un chakhristan relativement petit et une muraille. Autour de chakhristan s`étendait un grand rabad qui occupait environ 200 hectares. Le rabad avait aussi un mur qui ne s`est pas conservé jusqu`à présent. Après l’envahissement de Nakhchab par les troupes mongoles de Gengis Khan les habitants pris de panique ont quitté la ville.

Ce derniers temps la population locale a commencé à appeler les ruines de la ville Chouluktepa («la colline des sangsues») à cause de nombreuses sangsues habitant dans l`eau de Kachkadarya.

Les fouilles archéologiques et les études scientifiques des ruines de la ville ont montré que la construction de la citadelle et du chakhristan datait des 3 - 4 siècles et le rabad commença à se former après l`annexion de l`Asie Centrale par le califat Arabe au 9-e siècle.

La ville située initialement sur la rive droite de la rivière élargit aux 10 - 11 siècles ses frontières vers la rive gauche. La citadelle et le chakhristan qui jouaient autrefois un rôle important perdent leur importance vers le 10-e siècle.

La vie de la ville se déplace dans les rabads où l’on construit des mosquées, des palais et d`autres constructions monumentales. Dans la partie nord du rabad se trouvaient les quartiers résidentiels des citadins aisés et de l`aristocratie. Vers l`ouest du chakhristan se situaient les quartiers des artisans qui fabriquaient la vaisselle couverte de polychrome. Les forgeront fabriquaient des armes, des armures et des ustensiles de ménage.

Les géographes arabes du 10-e siècle mentionnent Nakhchab dans leurs ouvrages. Istakhri, ibn Khaukal, Mukqaddasi et autres disent que le mur de rabad avait quatres portes par lesquelles passaient les routes qui reliaient la ville à Kech, Samarcande et Boukhara. La rivière Kachkadarya passait directement par le rabad. Près du pont se situaient le palais du régent et la prison. Les mosquées ainsi que les marchés principaux se trouvaient dans la partie sud.

Naissance et vie de la ville de Karchi.
Au début du 14-e siècle le régent de Maverannakhr Ketekhan a construit non loin de Nakhchab la ville de Karchi. La population de Nakhchab quittant la vieille ville commence à s’installer à Karchi, qui devient graduellement le deuxième nom de la ville et suppléant vers le 19-e siècle son nom par Nassaf (Nakhchab).

Dans son oeuvre "Zafarnoma" Charafiddine Ali Yazdy écrit qu’au début de la carrière politique d’Amir Timour, Karchi fut entouré d’un mur. La ville avait une citadelle. Mais sous le règne de Timour et des Timourides dans la vallée de Kachkadarya une attention spéciale fut accordée à Kech, ville natale de Tamerlan. C’est avec l`arrivée au pouvoir des Cheybanides que Karchi retrouve son importance spéciale.

Au cours de la lutte des dynasties Timourides et Cheybanides, la ville et la province passent plus d`une fois de main en main. Plus tard, la ville fut longtemps la pomme de discorde pour de nombreux candidats au trône de Boukhara.

Sous le règne d’Abdullakhan on organise de nombreux travaux d`irrigation et élargit la surface des terres irriguées de l`oasis. Sur l`ordre du régent une médersa fut érigée dans la ville, malheureusement détruite au 20 siècle, tandis que la mosquée Namazgoh fut conservée jusqu`à présent sous le nom Kokgumbaz. La médersa Bika biy et les bains dans la vieille ville, que nous pouvons voir, datent de la même époque.

Règne de la dynastie des Mangyt.
En 1736 Muhammad Khakim biy Mangyt, fondateur de la dynastie Mangyt à Boukhara apparait à Karchi.
Sous le règne des Mangyt qui furent originaires de l`oasis de Karchi, la ville de Karchi connait sa croissance impétueuse. Ainsi, au début du 19-e siècle Karchi fut la deuxième ville après Boukhara, qui surpassait Samarcande même par sa superficie.
À la fin 19 - début 20 siècles Karchi se composait de Kala citadelle avec quatre portes et la ville extérieure. Les murs de Kala, 8 mètres de haut, érigés sous Amir Timour furent réparés constamment. Ils protégeaient le territoire d’environ 40 hectares. Au 19-e siècle ce noyau ancien de la ville s`appelait Kourgan. Dans la partie sud de Kourgan se trouvait Urda avec une haute muraille, la résidence des beks et des émirs. Le bek de Karchi était souvent le fils aîné de l`émir, l’héritier du trône.

Autour de Kala (Kourgan) s`étendait la ville extérieure qui se composait des makhallas et gouzars et occupant un territoire d’environ 8 kilomètres carrés. Dans la limite d’Ourda, protégée d’un haut mur avec des portes, se trouvaient les salles d’audience, le secrétariat (Mirza Khana), le dépôt d`argent (Khazina Khana), l`arsenal et le harem.

La ville fut densément bâtie. Dans le centre ville se trouvait le Registan (la place) recouvert de sable rouge, la mosquée cathédrale Odina, la médersa Abdullakhan, la sardoba en brique cuite, la galerie de commerce Chorsou, quelques médersas construites par les habitants aisés, ainsi que les hammams et le zindan (la prison). Tous ces monuments historiques se sont conservés jusqu`à nos jours.

Dans la ville extérieure, protégée autrefois par un mur et peuplé des artisans, des marchands et des ouvriers se situaient les plus grands marchés de la ville - "Yukori bazar" et "Koun bazar" où l’on vendait des marchandises locales et importées de l`Inde, de l`Iran et de la Russie. Autour des marchés se trouvaient les caravansérails, les ateliers d`artisanat et les petits marchés spécialisés - "Asp bazar"(marché de chevaux), "Tuya bazar"(marché de chameaux), "Koy bazar" (marché de moutons).

Européens sur Karchi.
En 1863 le voyageur hongrois Ármin Vámbéry visita Karchi. Voici quelques-unes de ses impressions: "Karchi, l’ancien Nakhchab, par sa position et son importance est la deuxième ville du khanat de Boukhara. Karchi se compose de la ville et de la forteresse (Kourgantchi) que se trouve dans la partie nord-ouest; elle est mal fortifiée. Karchi compte à présent dix caravansérails et un assez riche marché... Il y a 25 mille habitants, surtout les Ouzbeks. Ils font le noyau de l’armée du khan. Le reste de la population sont les Tadjiks, les Indiens, les Afghans et les Juifs. Le produit typique de Karchi sont des couteaux de type différent. Ces articles sont répandus partout en Asie Centrale, mais aussi sont exportés pendant le hadj vers la Perse, l`Arabie et la Turquie, où ils sont payés trois et même quatre prix nominaux. Une sorte de damas avec les poignées décorées d`or et d`argent se distingue en effet par un grand raffinement et solidité et peut rendre des points aux produits les plus célèbres de Sheffield et Birmingham".


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